Personne ne l’attendait vraiment. Garfield, le plus célèbre des chats pantouflards, a beau approcher de son demi-siècle d’existence, son bilan vidéoludique n’a jamais vraiment justifié l’enthousiasme. Un party game en 2022, un jeu de kart en 2025,et voilà que Microids et le studio lyonnais OSome Studio le propulsent dans un vrai jeu de plateforme 3D pour la première fois depuis Le Cauchemar de Garfield sur DS en 2007. La barre était basse. Le résultat surprend plutôt agréablement.
Développeur : OSome Studio
Éditeur : Microids
Plateformes : PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch, PC (Steam)
Date de sortie : 24 septembre 2026
Prix : 29,99 €
Version testée : PlayStation 5
Des lasagnes aux épinards, un cauchemar, une aventure
Le scénario est à l’image du personnage : absurde, paresseux et pleinement assumé. Jon, le propriétaire de Garfield, tombe sous l’influence d’un chef cuisinier télévisuel nommé Chef Monday, qui le convainc de garnir le frigo de légumes et de remplacer les lasagnes par une version aux épinards. Le choc gustatif est tel que Garfield s’effondre et plonge dans un cauchemar peuplé de légumes géants et de bonbons sans sucre. Le quatrième mur est allègrement brisé tout au long de l’aventure, Garfield et ses compagnons se moquent ouvertement des développeurs, des écrivains et même du joueur. C’est là dedans, ça colle parfaitement au personnage, et ça reste l’un des vrais points forts du jeu.

L’aventure se découpe en trois mondes à thème : la ferme, la plage et le Far West, eux-mêmes organisés autour d’une carte vue du dessus dans la veine d’un Super Mario. Plus de 40 niveaux en tout, chacun doté de lasagnes cachées à collecter et d’un mode contre-la-montre déblocable. L’idée de faire vivre le cauchemar à travers l’univers culinaire déformé de Garfield est bien trouvée, et OSome Studio la tient du début à la fin avec une cohérence visuelle plaisante.
Un chat étonnamment véloce
La vraie surprise du jeu, c’est ce que ça donne manette en main. Les déplacements de Garfield sont étonnamment fluides pour un gros matou réputé pour sa paresse. Saut, coup de patte, élan roulant qui permet de sprinter et de plonger, et une attaque aérienne qui casse la gravité de façon très satisfaisante. Les mouvements s’enchaînent mieux qu’on ne l’espérait, et les joueurs aguerris au genre pourront même se permettre quelques enchaînements bien sentis pour traverser les niveaux à toute vitesse. Le mode contre-la-montre est d’ailleurs là pour ça, et il dévoile toute la liberté que le système de mouvement offre en secret.

Les costumes spéciaux que le jeu distribue ponctuellement, Garfield en dinde, en surfeur ou en cowboy avec un lasso, ajoutent des capacités temporaires qui varient bien les plaisirs de niveau en niveau. C’est du fan service bien intégré, et les enfants en particulier adoreront.
Le cel-shading qui fait le boulot
Visuellement, Escape From Monday opte pour un cel-shading coloré qui colle bien à l’esthétique de la bande dessinée de Jim Davis. Ce n’est pas éblouissant sur PS5, soyons honnêtes, ce n’est pas le genre de titre qui vient chatouiller les limites techniques de la console, mais le rendu est propre, lisible, et les trois mondes ont chacun une identité visuelle distincte. Les animations de Garfield, grassouillet et nonchalant même quand il court, ont du charme. Le soin apporté à retranscrire la personnalité du personnage dans chaque détail est visible.

Les limites du gros chat
Escape From Monday n’est pas exempt de défauts, et il faut les appeler par leur nom. La répétitivité est le principal problème : les 40+ niveaux reposent tous sur la même structure « aller du point A au point B en collectant des trucs », avec une diversité de situations qui s’épuise un peu vite. OSome Studio n’a pas assez varié les obstacles et les mécaniques au fil de l’aventure, et sur la durée, ça se ressent.
Le niveau de difficulté est également très bas, même en étant exigeant, on ne mourait quasiment jamais. C’est un choix cohérent pour un jeu grand public et familial, mais les joueurs confirmés risquent de trouver ça trop éclé. Les doublages, enfin, sont inégaux : le ton absurde fonctionne sur le papier, mais l’exécution laisse parfois à désirer.

Pour qui ?
Escape From Monday est idéal pour les enfants, les fans de Garfield et les amateurs de jeux de plateforme décontractés. À 29,99 €, le positionnement tarifaire est bien calibré, personne n’est dupé sur la nature du produit, et ça change. OSome Studio signe ici un jeu bien au-dessus de ce que la licence Garfield a généralement proposé, même s’il reste loin des références du genre.
Si tu cherches un jeu à mettre entre les mains de tes gamins ou à déguster sur canapé sans prise de tête un soir de flemme, Garfield : Escape From Monday coche les cases. Et accessoirement, son humour au second degré offre quelques vrais moments de sourire pour les adultes qui jouent à côté.

Verdict
Personne n’attendait grand chose de Garfield : Escape From Monday, et c’est peut-être ce qui en fait une agréable surprise. OSome Studio a livré un jeu de plateforme propre, coloré, avec un système de mouvement mieux conçu qu’on ne l’aurait imaginé et un humour qui colle bien à l’esprit de la BD. La répétitivité des niveaux et la facilité générale plafonnent l’expérience, mais pour 30 euros et une dizaine d’heures de jeu décontracté, on en a pour son argent.
Ce n’est pas Astro Bot. Mais ça ne prétend pas l’être non plus.
Note : 6,5/10
Pour ceux qui veulent se lancer dans l’expérience, Garfield : Escape From Monday est disponible sur Amazon.
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