Gand n’est pas seulement une jolie ville flamande : c’est aussi la ville de Larian, le studio de Baldur’s Gate 3, et celle de NACON Studio Ghent (ex-Neopica), l’équipe derrière Hunting Simulator. Une série discrète mais fidèle, avec plus d’un million de joueurs sur les deux premiers épisodes. Pour ce troisième volet, sorti le 29 octobre 2026, le studio belge passe à l’Unreal Engine 5 et mise sur un système baptisé SimFauna, censé rendre la faune vivante. Voici ce que ça donne sur PS5.
Développeur : NACON Studio Ghent
Éditeur : NACON
Plateformes : PS5 (PS5 Pro Enhanced), Xbox Series X|S, PC (Steam)
Date de sortie : 29 octobre 2026
Prix : 49,99 € sur consoles, 39,99 € sur PC
Version testée : PlayStation 5
Une traque qui demande de la patience
Première chose à savoir : Hunting Simulator 3 est une vraie simulation, pas un jeu de tir en pleine nature. La boucle est toujours la même : acheter la licence correspondant à l’espèce visée, choisir une arme et des munitions adaptées, repérer des traces, lire le vent, rejoindre un point d’observation ou installer un affût, puis attendre. Le tir n’est que la dernière étape d’un long processus. Après chaque prise, une radiographie montre où la balle a touché et quels organes ont été atteints, et une fiche note la qualité de la chasse. Un mauvais calibre ou un tir précipité, et l’animal ne peut ni être vendu ni exposé.
Le jeu propose trois niveaux de difficulté, et ils changent vraiment l’expérience. En facile, les animaux sont moins méfiants, le pistage est assisté et le tir est guidé. En difficile, ils s’effraient plus vite, les traces sont plus compliquées à trouver et il n’y a plus d’indicateur de trajectoire. Le tutoriel couvre bien les bases (lire les traces, acheter ses licences, changer d’arme, utiliser les appeaux, donner des ordres au chien), mais il faut compter quelques heures et fouiller les menus pour comprendre tout ce qui influence une traque.

SimFauna, la promesse qui tient (presque) parole
C’est la grande nouveauté, et elle change réellement le feeling. Les animaux ne réapparaissent plus aux mêmes endroits : ils vieillissent, se reproduisent, réagissent à la météo, au bruit, aux odeurs et au danger, et vos prélèvements influencent la population qui reste. La génétique pèse aussi sur le potentiel de trophée, ce qui donne du sens au choix de l’animal avant de tirer. On ne mémorise plus un bon spot, on lit le terrain. Le cycle de jeu ne change pas fondamentalement, mais le monde paraît beaucoup moins figé.
Tout n’est pas parfait pour autant. Plusieurs testeurs relèvent un comportement inégal : des animaux qui détalent sans raison apparente, parfois dès qu’on épaule l’arme. Quand ça arrive, il faut repartir à la recherche de la bête, et à force, ça use un peu la récompense.

Colorado et Texas, un cadre superbe
Unreal Engine 5 oblige, c’est de loin l’épisode le plus beau de la série. Les deux territoires font environ 100 km² chacun et ont chacun leur identité : forêts denses et grandes vallées dans le Colorado, plaines ouvertes et végétation plus basse au Texas. L’herbe bouge avec le vent, la lumière et la météo changent l’ambiance au fil de la journée, et les modèles d’animaux comme d’armes sont très détaillés. Le son compte énormément : on piste à l’oreille, avec des cris d’animaux bien spatialisés, et les armes ont été enregistrées sur de vraies. Pas de musique, et c’est une très bonne idée.
Pour couvrir ces grandes cartes, on dispose de véhicules tout-terrain et de tours qui servent de points de voyage rapide. Entre deux sorties, le pavillon de chasse fait office de base : on y prépare son équipement, on y expose ses trophées, et on peut s’entraîner au stand de tir ou au ball-trap. L’arsenal est large, avec des armes sous licence de marques comme Winchester, Browning ou Beretta, et les vêtements ont de vrais effets (réduction du bruit, masquage d’odeur).

Sur PS5
Le jeu exploite le DualSense (vibrations et gâchettes adaptatives) et bénéficie d’une optimisation PS5 Pro. Visuellement, la version PS5 rend honneur à l’Unreal Engine 5, surtout sur la végétation, très dense.
Ce qui coince
Les véhicules sont lourds à conduire, et on se retrouve parfois bloqué sur un passage qui semblait pourtant praticable. À pied, le chasseur ne sait pas traverser un petit cours d’eau, ce qui casse l’immersion dans un jeu qui vante sa liberté d’exploration. Il y a aussi les licences à racheter pour chaque espèce, à chaque fois, qui finissent par ressembler à de la paperasse plus qu’à de la simulation.
La progression reste surtout un bac à sable : on se fixe ses propres objectifs, et certains testeurs regrettent le manque de direction à long terme. Enfin, le Colorado et le Texas sont des terrains que les fans de la série connaissent déjà, et le jeu fait face à theHunter, installé depuis des années et abreuvé de contenu. Détail moins important, mais à signaler : quelques rares voix de PNJ sont générées par IA.

Pour qui ?
Si tu aimes les jeux lents et contemplatifs, où l’on observe, écoute et attend, Hunting Simulator 3 est un très bon candidat. Si tu cherches de l’action, passe ton chemin. Les trois niveaux de difficulté permettent de s’y mettre en douceur. Là où theHunter mise sur la quantité de contenu, Hunting Simulator 3 mise sur la finesse de simulation et la beauté de ses environnements. Des mises à jour gratuites sont prévues (d’autres races de chiens, d’après NACON) et une édition Apex Predator existe pour plus d’équipements et de personnalisation.
Verdict
Hunting Simulator 3 est la meilleure version de la série à ce jour. Le passage à l’Unreal Engine 5 est une vraie réussite visuelle et sonore, SimFauna donne enfin l’impression de chasser dans un écosystème qui vit, et la boucle patience-récompense fonctionne quand tout s’emboîte. Les véhicules patauds, les limites de déplacement et un comportement animal parfois incohérent l’empêchent d’être le grand jeu qu’il aurait pu être, mais pour les amateurs du genre, c’est une très belle traque.
Note : 7/10
Hunting Simulator 3 est disponible depuis le 29 octobre 2026 sur PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC via Steam.















