Il y a des licences qu’on n’oublie pas. Captain Tsubasa ou Olive et Tom pour les puristes. Pour beaucoup d’entre nous la raison pour laquelle on a aimé le foot avant même de vraiment comprendre les règles. Un tir surpuissant qui transperce un filet, un gardien qui plonge depuis l’autre bout de la surface, des matchs qui ressemblent davantage à des affrontements de super-héros qu’à une rencontre de football. Six ans après le correct Rise of New Champions, Tamsoft et Bandai Namco remettent le couvert avec Captain Tsubasa 2 : World Fighters. Et cette fois, ils ont mis le paquet.
Développeur : Tamsoft
Éditeur : Bandai Namco Entertainment
Plateformes : PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch, PC (Steam)
Date de sortie : 28 août 2026
Prix : 69,99 € (édition standard)
Version testée : PlayStation 5
Olive et Tom contre le monde entier
World Fighters prend pour cadre l’arc World Youth du manga original, supervisé directement par Yoichi Takahashi lui-même, ce qui n’est pas un détail. Tsubasa Ozora et la sélection japonaise s’attaquent au Championnat Asiatique Jeunesse, avant de viser le Championnat du monde junior. Sur la route : la Thaïlande, l’Ouzbékistan, l’Arabie saoudite, la Chine, et progressivement toutes les grandes nations footballistiques. 22 équipes nationales, plus de 110 personnages jouables, plus de 150 cinématiques animées sur le terrain. Les chiffres donnent le ton.

La grande nouveauté narrative, c’est la création de personnage. Tu peux générer ton propre joueur et l’intégrer à l’aventure aux côtés de Tsubasa. Et honnêtement l’éditeur est franchement bien fourni et le résultat colle parfaitement au style graphique de l’oeuvre. Pour les fans, se voir évoluer dans cet univers aux côtés de leurs héros d’enfance, c’est une petite dose de fan service très bien dosée.
Du foot arcade poussé à l’extrême, et c’est exactement ce qu’on veut
Ne cherchez pas ici la moindre trace de simulation. Captain Tsubasa 2 : World Fighters, c’est du football de manga : des tirs qui traversent les murs, des gardiens qui encaissent des dégâts comme des boxeurs, des passes qui déchirent les défenses comme des attaques spéciales de RPG. Et c’est précisément pour ça qu’on y joue.

Par rapport au premier épisode, les améliorations sont réelles et sensibles. Dans Rise of New Champions, les Max Actions, les techniques spéciales déclenchant des cinématiques se limitaient aux tirs et aux tacles. Ici, elles s’étendent aux dribbles, aux passes et aux contres. Chaque poste de jeu se retrouve donc davantage différencié, et chaque joueur a sa propre façon de peser sur un match. Un ailier ne joue pas comme un milieu défensif, et ça, le jeu le traduit vraiment bien.
La grande addition mécanique, c’est le système de chaîne. En seconde période notamment, plus j’enchaîne dribbles, S-Moves et actions avant le tir, plus le niveau de chaîne monte et plus mes tirs gagnent en puissance et en vitesse de charge. Perdre le ballon transfère la chaîne à l’adversaire. Ce système crée des renversements de situation en une fraction de seconde, exactement comme dans l’anime. Un match peut basculer en un instant. C’est stressant, spectaculaire, et ça fonctionne vraiment bien.

Le duel gardien-attaquant a lui aussi été revu. Le gardien dispose désormais d’une barre de santé qui s’effrite à chaque tir encaissé. L’idée est de le mettre sous pression progressivement, de multiplier les tentatives pour créer des failles. Ça oblige à penser l’attaque différemment, à construire plutôt que foncer tête baissée vers le but.
Un spectacle visuel qui rend honneur à l’anime
Sur PS5, le jeu est vraiment beau. Les personnages reproduisent fidèlement le trait de Yoichi Takahashi proportions marquées, expressions exagérées, un cel-shading soigné qui donne l’impression de jouer un épisode animé en temps réel. Les cinématiques de techniques spéciales sont particulièrement léchées, et on ne se lasse pas vraiment de les regarder, même après plusieurs heures de jeu.

J’ai eu par moments l’impression d’être gamin devant le Club Dorothée. Et pour un jeu Captain Tsubasa, c’est exactement l’effet recherché.
Des défauts qui persistent
World Fighters n’est pas sans accrocs, et il faut être honnête là-dessus. L’IA adverse est par moments brutale, pas dans le bon sens du terme. Certains adversaires semblent jouer avec un niveau de réactivité disproportionné par rapport à la difficulté affichée, ce qui génère des pics de frustration un peu artificiels.
Le rythme narratif est également inégal. Le mode Histoire est plus dense que dans le premier épisode, mais il a tendance à se hacher entre les matchs et les cinématiques d’exposition, sans toujours maintenir la tension dramatique qu’on attendrait d’un shonen football. Les fans de l’oeuvre seront indulgents, les nouveaux arrivants un peu moins.

Le mode en ligne reste également en retrait. Il existe, il est fonctionnel, mais son contenu est maigre au lancement. Pour un titre qui aurait pu faire du multijoueur compétitif un vrai terrain de jeu à long terme, c’est une occasion un peu manquée.
Enfin, la courbe d’apprentissage peut surprendre. Le jeu a beau sembler accessible au premier regard, maîitriser les S-Moves, comprendre le système de chaîne et gérer l’endurance demande plusieurs heures de pratique en mode Entraînement, que je recommande vraiment de ne pas négliger.
Pour qui ?
La réponse est assez claire. Si tu as grandi avec Olive et Tom, si tu connais le nom de Hyuga, si tu te souviens du Tiger Shot ou du Sky Laser, ce jeu est fait pour toi. World Fighters est un hommage vidéoludique sincère et généreux à une oeuvre qui a marqué des générations de fans de foot.

Si tu débarques sans bagage sur la licence, le jeu reste accessible et fun, mais il faudra s’accrocher un peu au début. L’univers est dense, les personnages nombreux, et le scénario suppose que tu as au moins une vague familiarité avec le manga. Pas rédhibitoire, mais à prendre en compte.
Verdict
Captain Tsubasa 2 : World Fighters fait le job là où ça compte vraiment : il retranscrit à merveille la démesure et la passion qui font l’identité de la licence depuis quarante ans. Le roster est généreux, les mécaniques ont évolué dans le bon sens, la réalisation est fidèle à l’anime, et le système de chaîne apporte une vraie tension de match que le premier épisode n’avait pas.
Les défauts sont réels : IA capricieuse, mode en ligne chiche, rythme narratif inégal mais ils ne plombent pas l’expérience globale. Tamsoft a construit une suite convaincante, et pour quiconque a une once de nostalgie pour Olive et Tom, c’est tout simplement difficile de résister.
Note : 7,5/10
Pour ceux qui veulent se lancer dans l’expérience, Captain Tsubasa 2 : World Fighters est disponible sur Amazon.
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