Milestone sait faire des jeux Hot Wheels. Le studio milanais l’avait prouvé avec Unleashed en 2021, puis Unleashed 2 Turbocharged en 2023. Avec Infinite Rush, sorti le 10 septembre 2026, il tente un pari plus ambitieux : passer du circuit fermé au monde ouvert. L’idée est séduisante sur le papier. En pratique, c’est plus nuancé.
Développeur / Éditeur : Milestone S.r.l.
Plateformes : PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch 2, PC
Date de sortie : 10 septembre 2026
Version testée : PlayStation 5
Quatre îles pour remplacer les circuits
Le concept central d’Infinite Rush, c’est de remplacer la sélection de circuits par un monde ouvert réparti sur quatre îles distinctes à découvrir progressivement. Chacune a son identité visuelle, ses défis, ses Rush Masters à affronter et ses collectibles à dénicher. L’idée de rappeler le Forza Horizon de la franchise Hot Wheels était clairement dans les têtes chez Milestone. Et visuellement, le résultat est réussi : les quatre îles sont colorées, pulsées de pièces oranges iconiques, et le style Hot Wheels tient parfaitement la route. La fidélité aux modèles réels est irréprochable, les 150+ véhicules sont instantanément reconnaissables pour tout fan de la marque.
Les quatre classes de véhicules : Versatiles, Titans, Drifters et Speeders, donnent une vraie variété de sensations de conduite. Le système Rush Squad, qui permet de former une équipe de quatre voitures et de passer de l’une à l’autre en pleine exploration, est une bonne idée qui empêche la monotonie. Sur PS5, le DualSense est bien exploité : la résistance des triggers en dérapage est physiquement satisfaisante.

Le monde ouvert, bonne idée… pas si bien exécutée
C’est là que le soufflet retombe un peu. Le monde ouvert d’Infinite Rush est grand, mais il manque de densité. Entre les zones d’activités, on traverse des espaces assez vides où l’on ne fait que conduire sans vraiment de raison, et pour un jeu de voitures miniatures, on perd ce qui faisait tout le charme des Unleashed : l’échelle. Quand on court sur des circuits qui serpentaient dans des chambres d’enfants, sur des planètes de jouets, la métaphore était limpide. Ici, le monde échelle Hot Wheels perd de sa magie dès qu’on roule dans des espaces ouverts trop génériques.
Les îles ne sont pas librement interchangeables à tout moment non plus : un système de téléportation par Launcher permet de passer de l’une à l’autre, mais en passant systématiquement par un aérodrome. Ça casse le flow et donne l’impression de quatre zones isolées plutôt que d’un vrai monde uni. Le tutoriel initial, jallonné de pop-ups incessants, n’aide pas non plus à démarrer sur de bonnes bases.

Les défis sont variés, courses, photos, livraisons, affrontements de Rush Masters, mais pas tous également intéressants. Certains manquent clairement de substance. La difficulté est généralement basse, ce qui facilite l’accès, mais réduit l’envie de revenir pour les sessions longues.
Le Track Builder et le multi sauvent la mise
Deux éléments relancent l’intérêt. Le Track Builder permet de placer des modules de piste Hot Wheels dans les environnements du monde ouvert, au-dessus des toits, entre les bâtiments, en surplomb des rues, pour créer ses propres circuits qui s’intègrent à l’échelle de la ville. C’est créatif, bien conçu, et c’est probablement l’ajout le plus fort du jeu par rapport à ses prédécesseurs. Le multijoueur local en écran partagé et les sessions en ligne complètent bien l’expérience, Infinite Rush est clairement plus fun à plusieurs.

Verdict
Hot Wheels Infinite Rush n’est pas un mauvais jeu. Il est beau, fidèle à l’univers de la marque, et le Track Builder est une vraie bonne idée. Mais le monde ouvert qu’il adopte ne lui va pas aussi bien que les circuits fermés des Unleashed, il dilue la magie Hot Wheels au lieu de la décupler. Le résultat est fun par courtes sessions, moins convainquant sur la durée.
Note : 6,5/10
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