Il y a des personnages qui font partie du paysage sans qu’on y pense vraiment. Le Marsupilami, créé par Franquin dans les années 50, c’est comme ça. On a tous croisé cette créature jaune à longue queue quelque part, dans un Journal de Spirou, à la télé, au cinéma. Et depuis 2021, Microids et le studio Ocellus Services ont réussi le pari de lui offrir une vraie vie vidéoludique avec le très bon Secret du Sarcophage. Trois ans plus tard, voilà Salsa Palombia. Toujours le même duo, toujours la même recette, mais avec quelques ingrédients en plus dans la casserole.
Développeur : Ocellus Services
Éditeur : Microids
Plateformes : PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch, PC (Steam)
Date de sortie : 3 septembre 2026
Prix : ~29,99 €
Version testée : Nintendo Switch
La Palombie en mode danse maudite
Le scénario ne fait pas dans la dentelle, et c’est bien comme ça. Une étrange mélodie envahit la Palombie, contraignant tous les animaux de la forêt à danser et à semer le chaos autour d’eux. Derrière cette folie rythmique : la Reine des Momies, revenue du Royaume des Morts avec ses sbires pour donner un concert maudit aux effets dévastateurs. Pour sauver la jungle, on incarne trois jeunes Marsupilami : Twister, Hope et Punch, chacun doté d’une capacité bien distincte.
Twister file dans les airs grâce à son glissé turbo, Hope bondit avec un double saut tournoyant plein d’énergie, et Punch se transforme en boule rebondissante pour écarter tout ce qui se met en travers de son chemin. On alterne entre deux d’entre eux à chaque niveau, et c’est là que le jeu commence à révéler une partie de sa profondeur.

Simple à prendre en main, malin à maîitriser
La première chose que j’ai remarquée, c’est la réactivité des contrôles. Avancer, sauter, frapper, roulade et changement de personnage, tout répond au doigt et à l’oeil. Microids et Ocellus ont conçu quelque chose d’accessible pour les plus jeunes, avec un mode facile à vies illimitées, tout en gardant du challenge en mode normal et difficile où les vies deviennent précieuses.
Ce qui donne du relief, c’est la conception des niveaux. Chaque niveau n’est jouable qu’avec deux des trois Marsupilami, ce qui force à réfléchir à la combinaison optimale pour découvrir les passages secrets et récupérer les collectibles. Certains recoins ne s’ouvrent qu’avec une capacité précise, et repasser dans un niveau avec un autre duo révèle souvent des zones entièrement nouvelles. C’est ce petit quelque chose qui évite au jeu de tourner à la simple course vers le drapeau de fin de stage.

Quatre mondes, une vraie personnalité graphique
Salsa Palombia propose quatre univers distincts : la jungle colorée, la ville animée, des montagnes enneigées et le mystérieux Royaume des Morts. Le jeu est franchement joli, pas éblouissant, mais son style coloré et fouillé est cohérent de bout en bout. Les environnements varient suffisamment pour ne jamais donner l’impression de traverser deux fois le même décor, et les animations des personnages ont une vraie personnalité. Il y a de la vie dans chaque coin d’écran.
La bande-son colle parfaitement à l’ambiance : rythmique, colorée, jamais agressive. Pour un jeu qui fait de la musique maudite son ressort scénaristique, c’était le minimum syndical et Ocellus le réussit haut la main.

La coop locale, le vrai bonus
Le mode coopératif local à deux joueurs est une vraie réussite. Sur canapé, partager l’aventure en gérant chacun un Marsupilami différent ajoute une couche de coordination très sympa. Les Battle Dojos : des mini-jeux compétitifs accessibles en marge de la campagne principale donnent également un bon prétexte à la rivalité amicale. C’est clairement là que le jeu brille le plus : une séance multi sur canapé avec un ami ou en famille, c’est exactement ce pour quoi Salsa Palombia a été conçu.
Quelques limites à signaler
Le jeu n’est pas exempt de reproches. La progression impose de récupérer un minimum de 60 plumes dans chacun des trois premiers biomes pour débloquer le monde final et affronter la Reine des Momies. Ce système de collectathon obligatoire peut casser le rythme pour ceux qui préfèrent avancer sans backtracking forcé. C’est une mécanique classique du genre, mais elle se ressent ici comme une contrainte artificielle plutôt que comme un plaisir de complétion.

Les boss de fin de monde présentent également une courbe de difficulté un peu abrupte. On passe de niveaux plutôt fluides à des confrontations qui demandent une lecture précise des patterns, sans vraie transition. Pas rédhibitoire, mais notable.
Enfin, les fans du premier épisode trouveront peut-être la formule un peu trop similaire visuellement. Ocellus a clairement évolué sur le gameplay, mais l’identité graphique reste très proche de Secret du Sarcophage. Ce n’est pas un défaut en soi, mais si vous attendiez une vraie rupture esthétique, elle n’est pas là.
Pour qui ?
Marsupilami 2 : Salsa Palombia, c’est le jeu idéal à sortir en famille ou entre amis pour une session décontractée. Il est accessible, coloré, bien conçu, et son tarif autour des 30 euros le positionne bien sur le marché. Si tu es fan de jeux de plateforme 2D à l’ancienne comme Donkey Kong Country, Crash Bandicoot, et que tu cherches quelque chose de propre sans prise de tête, tu seras en terrain connu et confortable.

Pour les joueurs qui cherchent de l’innovation ou un challenge exigeant, le jeu risque de sembler un peu léger. Mais ce n’est pas son ambition, et on aurait tort de lui en tenir rigueur.
Verdict
Ocellus Services confirme avec Salsa Palombia ce qu’on savait déjà après Secret du Sarcophage et Les Schtroumpfs : L’Épopée des Rêves. Ce studio sait faire des jeux de plateforme 2D propres, colorés et agréables. Salsa Palombia ne révolutionne rien, mais il fait son travail avec application et bonne humeur. Le système des trois Marsupilami aux capacités distinctes apporte une vraie variété de gameplay, la coop locale est un vrai plus, et l’ensemble dégage une énergie positive qui fait du bien.
Pas le jeu de l’année, mais un bon moment garanti, surtout si tu as quelqu’un à côté de toi sur le canapé.
Note : 7/10
Pour ceux qui veulent se lancer dans l’expérience, Marsupilami 2 : Salsa Palombia est disponible sur Amazon.
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